Il était une fois moi-même…

CV plus ou moins autobiographique…page2bis2

CHAPITRE UN : L’ENFANCE

Il était une fois moi-même… et ça n’a pas toujours été facile, vous pouvez me croire! Dès ma naissance, mes géniteurs, vraisemblablement déçus du résultat, m’abandonnèrent dans une forêt de sirop d’érable du grand-nord canadien où je fus recueilli par un couple de bucherons québécois qui, le cœur sur la main, n’hésitèrent pas à m’adopter. Georges et Albert qui s’appelaient mes adoptifs. Je suppose qu’Albert, le moins poilu des deux, était ma mère…on fait avec ce qu’on a!

Toutefois, mon enfance bien que rude et isolée fut tout de même formatrice car comme tous les Québécois, les Français le savent bien, j’ai été élevé en pleine forêt dans une maison en bois rond (rondins), sans électricité, sans eau courante et avec des bécosses* en arrière de la cabane – Ça l’air de rien comme ça, mais vous irez vous après une soirée bien arrosée à la bagosse* d’épinette faire pipi en pleine nuit, sans éclairage, à moins 40°, en raquettes et surtout sans oublier qu’il faudra enjamber, sans le réveiller, le grizzly qui à fait de la bécosse en arrière de la cabane en bois rond sa résidence personnelle. Bon, ce ne sont que des détails vous me direz, en France on a les toilettes turques, mais à la longue quand même ça peut devenir usant.

CHAPITRE DEUX : L’ADOLESCENCE

Mon adolescence insignifiante, acnéique et nonchalante se poursuivais comme elle devait jusqu’au jour ou, alors que je bouffais sur la galerie ma ration quotidienne d’écorces de bouleau blanc badigeonnés de sirop d’érable que maman Albert m’avait préparé (pas du meilleur goût, mais sûrement un excellent engrais pour boutons d’acné), arriva celui qui bouleverserait à jamais ma vie. Un vendeur itinérant! Un simple et brave colporteur en costume noir et chaussettes blanches, quelque peu égaré qui se présenta à notre cabane en bois rond avec au fond de sa carriole tout son pataclan* parmi lequel, je l’ignorais encore à ce moment, se trouvait l’objet qui changerait à jamais ma vie.

Cette visite impromptue tombait d’ailleurs saprement bien car nous n’avions presque plus de nourriture et commençions à avoir la dalle en cette fin d’hiver rigoureux; le grizzly nous ayant obligé à partager nos victuailles avec lui. Mine de rien ça sait être convaincant un grizzly.

CHAPITRE TROIS : LA RÉVÉLATION

Après que papa Georges, maman Albert, moi et le grizzly eumes terminé de manger le vendeur itinérant, nous fouillâmes dans les drigailles* qu’il aurait bien aimé nous vendre et… signe du destin, je tombai sur un album dessiné par un certain monsieur Franquin, André Franquin. Ce fut la révélation! Dorénavant, les augures en avaient ainsi décidé, je deviendrais dessinateur et de ce jour, j’en fis le serment,  je consacrerais le reste de ma vie au dessin. Sans perdre une seconde de plus,  je sautai dans la carriole du vendeur (histoire de prendre de vitesse le grizzly avant qu’il eut terminé de manger le cheval) et je fonçai de toute la puissance des trois jambes qui lui restait vers la bourgade de Québec pour y accomplir mon ultime destin de graphiste et de dessinateur…

CHAPITRE QUATRE : LES DÉBUTS PROFESSIONNELS

Si vous le voulez bien, nous passerons outre quelques détails concernant ma fin d’adolescence qui n’ont en rien contribué à diminuer mon acné et qui ne sont pas non plus forcément étranger au fait que je porte des lunettes et allons directement à l’essentiel.

Donc, après de très courtes études en dessin et en graphisme à Québec et à Montréal, je décrochais en 1980 mon premier emploi sérieux dans le domaine des communications. J’étais embauché à titre de responsable du service de la publicité par les Nordiques de Québec de la NHL. L’équipe professionnelle de hockey sur glace de ma ville. Équivalent pour un Québécois au PSG pour un parisien. C’était un rêve, surtout pour moi qui comme la plupart des Québécois adorait ce sport. J’ai obtenu ce poste en présentant un projet publicitaire utilisant la BD comme support. Paradoxalement ce projet  ne verra jamais le jour. Il fut modifié et acheté pour des ronds de chapeau par un quotidien qui l’a utilisé dans un cahier spécial consacré aux Nordiques. Ce concept m’aura tout de même permis de mettre le pied à l’étrier et d’apprendre, grâce aux Nordiques, les rudiments de ce métier de la communication qui me serviront tout au long de ma carrière.

J’ai été à leur service près de 15 ans. En fait j’y serais peut-être encore si en 1995 les propriétaires, pour une histoire de très gros sous, n’avaient pas vendu le club à des américains qui eux l’ont déménagé à Denver au Colorado. L’équipe s’appelle maintenant l’Avalanche du Colorado. J’aurais peut-être dû présenter aux propriétaires de l’époque le grizzly de mon enfance.

À cette époque je portais fièrement la moustache de José Bové, d’énormes lunettes qui débordaient de 3 cm de chaque côté de mon visage, je fumais sans aucun complexe et si j’avais eu plus de cheveux je me serais probablement coiffé comme Bernard Thibault.  Ce fut tout de même, malgré ce manque de finesse et de goût, une période professionnelle exceptionnelle que j’ai quitté avec beaucoup de tristesse et un p’tit peu… et beaucoup d’amertume.

 

CHAPITRE CINQ : LA MÈRE PATRIE

En novembre 1996, un an et des poussières après la vente des Nordiques, je quittais à mon tour le Québec, mais moi avec comme destination non pas les Etats-Unis d’Amérique, mais la Mère Patrie, le berceau de la civilisation, de la culture, de l’érudition et… de la fonction publique : La France

La France, un pays que je connaissais relativement bien, que j’aimais particulièrement et qui je pense, me le rendait bien. À preuve les Français ne se lassent jamais de m’écouter parler. Tellement, qu’ils me font répéter 3 fois chacune des phrases que je prononce avant d’inévitablement me présenter leur fabuleux numéro d’imitation de mon si savoureux accent québécois. De grands moments d’anthologie!

Touriste ou résident, deux univers complètement différents dont j’ai rapidement découvert la réalité dès mes premiers contacts avec l’administration française. Malgré tout, je n’avais pas l’impression de m’installer en terre étrangère. J’avais épousé une Française, je possédais la nationalité française et j’avais déjà utilisé des toilettes turques – encore elles –. Donc s’y installer, pensais-je, serait facile.…Hum ! disons que j’avais légèrement  sous-estimé la capacité de l’administration française à rendre les choses simples compliquées… Si dit-on, le mot impossible n’est pas français, je vous assure que le mot simple ne l’est pas non plus et je compris que, si la Chine avait ses eunuques pour occuper les plus prestigieux postes dans la Cité Interdite, la France a ses énarques pour occuper les plus hautes fonctions dans l’administration nationale. Bien heureux les Chinois, l’ère de vos eunuques est terminée! Certaines mauvaises langues seront tentés de dire qu’au-delà de la ressemblance des noms, aucun des deux n’a de coui… Hum, non, ce serait vraiment trop facile alors ne comptez surtout pas sur moi pour promulguer de telles vilainnies. Toutefois, à leur décharge, on ne peut pas leur reprocher de manquer d’imagination et d’humour car il en faut quand même une forte dose pour imaginer autant de «papasserie» administrative (allez, je me moque un peu, j’adore vraiment ce pays d’autant que moi je l’ai choisi en me disant qu’une administration qui produit autant de documents imprimés ne peut-être que profitable à quelqu’un qui exerce mon métier).

CHAPITRE SIX : LA CARRIÈRE FRANÇAISE

 

J’attaquais donc le marché du travail de mon nouveau pays avec le titre de  Directeur Artistique, le look et tout ce qui va avec. Je n’ai toujours pas compris ce qu’un DA fait de plus qu’un graphiste, mais c’est ce qui était inscrit sur ma dernière carte de visite au Québec et sincèrement je trouve que ça se glisse saprément bien dans une conversation.

Depuis que je suis en France, j’ai bossé en freelance, affilié à la Maison des Artistes et en agence à Paris dans un secteur d’activités qui m’était jusqu’alors totalement inconnu : les communications des laboratoires pharmaceutiques. Je poursuis maintenant mes activités par l’entremise de la société ECLECTUS dont je suis l’unique représentant et par laquelle je vous offre mes services de graphiste, d’illustrateur, de dessinateur humoristique et toutes sortes d’autres affaires liées à ce secteur d’activités Ô combien fascinant.

ÉPILOGUE

ALORS OUI JE DIS NON ! STOP À L’ÉLIMINATION SYSTÉMATIQUE DES VIEUX GRAPHISTES !

Vous n’avez qu’a cliquer sur les onglets du menu en haut de cette page pour constater l’étendu du talent et du savoir faire que vous contribuez à éliminer en participant à cet horrible «graphicide». Alors osez le geste qui sauvera l’espèce… TÉLÉPHONEZ MOI ! et en plus d’un devis, vous aurez en bonus le privilège d’écouter mon si charmant accent…c’est pas rien ça ! cela dit, vous pouvez aussi m’écrire, je vous répondrai avec plaisir.

 

Publicités
Publié dans BIENVENUE… | Laisser un commentaire